La tumorothèque

Dans le cadre de la recherche, le service d’oncologie du GHdC développe depuis quelques années une biobanque particulière, la « tumorothèque ». C’est une bibliothèque surprenante : ici, ce ne sont pas des livres, mais bien des tumeurs que l’on collectionne. Structure soutenue par le Plan National Cancer (NCP) enclenché en 2008 par la Ministre Onkelinx, la tumorothèque du GHdC est un partenaire hospitalier de l’IPG-Biobank faisant partie des 11 institutions reconnues en Belgique. Vanessa Valli est la technologue de laboratoire responsable de notre tumorothèque.

« Une biobanque est une structure qui assure le stockage et la mise à disposition de matériel corporel humain, exclusivement pour la recherche scientifique et qui n’est destiné à aucune application humaine » (Loi du 19 décembre 2008).

LA MISSION DE LA TUMOROTHÈQUE

​La finalité des tumorothèques est de mettre à disposition des chercheurs, dans le domaine de l’oncologie essentiellement, du matériel corporel ciblé et de qualité. Pour ce faire, le NCP a lancé l’initiative de la « Belgian Virtual Tumorbank » (BVT), coordonnée par le Registre du Cancer belge (BCR). La BVT est un catalogue de ressources biologiques qui centralise les données des échantillons contenus dans les différentes tumorothèques belges. Ces données, rendues anonymes, sont disponibles, pour les chercheurs autorisés qui souhaitent utiliser le(s) échantillon(s) adéquat(s) à leur projet de recherche. Cette démarche est réalisée sous la supervision de comité scientifique et d’éthique. Le comité avalise la pertinence du projet et veille au respect des règles éthiques.

POURQUOI, POUR QUI ?

Grâce à une meilleure compréhension des multiples mécanismes d’apparition et de développement du cancer, des progrès considérables peuvent être accomplis dans la mise au point de moyens de dépistage et de nouvelles thérapies.

Plus les ressources disponibles seront importantes, plus les avancées pour les générations futures seront concluantes. Selon la loi du 19 décembre 2008, chaque patient admis pour une hospitalisation est informé de la possibilité de la conservation de matériel résiduel prélevé lors d’une intervention à visée diagnostique, thérapeutique ou de suivi de sa maladie, sauf opposition de ce patient. L’excédent de matériel corporel provenant de ces interventions, généralement détruit après analyses, est alors stocké au sein de la tumorothèque. Une partie de prélèvement habituellement éliminé peut donc devenir précieux pour mener un combat efficace contre le cancer.

Chacun peut s’inscrire dans cette action de solidarité contre la maladie. Une structure telle que la tumorothèque ne peut exister que par une forte cohésion où chaque protagoniste est essentiel : le patient, les équipes médicales et infirmières en charge du patient et de l’intervention, les supports administratifs, ...

SUR LE TERRAIN

Au GHdC, le technologue de laboratoire de la tumorothèque assure le fonctionnement général de la biobanque sous la responsabilité des médecins œuvrant pour cette plate-forme. Une mise à disposition efficiente de matériel de qualité s’organise autour d’une prise en charge administrative, logistique et technique simultanée. Les informations cliniques et la mise à jour constante des bases de données, les modalités de transport adéquates d’un échantillon (température, timing, conditionnement, …) et des exigences techniques respectées (délai de prélèvement, type de traitement du prélèvement, fonctionnement des appareillages, …), la communication entre chaque intervenant (clinicien, chirurgien, technicien, secrétaire, …) etc. sont autant d’éléments critiques auxquels il est important de veiller afin que les chercheurs aient la possibilité d’exploiter de manière optimale les échantillons fournis. Les résultats obtenus en recherche scientifique dépendent de la qualité des collections des biothèques.

Les échantillons d’origine tumorale conservés au sein de la tumorothèque doivent répondre à certaines conditions. La taille de la lésion, le type de lésion, la faisabilité du prélèvement sont à tenir en compte par exemple.

Pour obtenir le maximum de renseignements nécessaires, le technologue de la tumorothèque participe aux Concertations Oncologiques Multidisciplinaires où oncologues, chirurgiens, radiologues, radiothérapeutes, infirmières Coordinatrices de Soins en Oncologies … suivent les dossiers patients. Les COM sont organisées de façon hebdomadaire par pathologie. Le technologue peut par ce biais, entre autres, établir une collaboration notable entre chaque profession indispensable aux activités de la tumorothèque.

Le technologue de laboratoire s’emploie également à la mise en place d’une démarche qualité en collaboration avec le coordinateur qualité du secteur d’onco-hématologie.

LE PARCOURS D’UN ÉCHANTILLON POUR LA TUMOROTHÈQUE

Le même traitement est appliqué à chaque échantillon provenant des différents sites du GHdC. Le matériel biologique est conservé à très basse température grâce à un processus de cryopréservation rapide à -80°C.

Les tissus tumoraux sont « fossilisés » dans un gel d’enrobage permettant de préserver les propriétés de l'ADN et de l'ARN des spécimens. Idéalement, le tissu tumoral réséqué ou biopsié est réceptionné et congelé par le technologue de la tumorothèque endéans les 30 minutes de l’exérèse réalisée par le responsable de l’acte de prélèvement (chirurgiens, médecins spécialistes, pathologistes, infirmiers,…). Cette étape a un impact critique sur la qualité de préparation des échantillons. Après ce laps de temps, l’échantillon est de moins en moins représentatif de l’état d’origine du tissu dû à la dégradation des cellules. Cette dégradation varie en fonction du temps écoulé et du mode de conservation (au frigo à 4°C, dans la glace à 0°C, à -20°C) avant la congélation définitive à -80°C. Connaître précisément le moment de prélèvement et le moment de congélation de l’échantillon est donc essentiel, on parle de temps d’ischémie.

Une fois stocké à -80°C, l’échantillon est répertorié dans une base de données spécifique et anonymisée. Chaque échantillon est tracé via un code-barre et possède un emplacement propre dans un congélateur défini.

Après un stockage temporaire au GHdC, les échantillons sont transférés sur le site de l’IPG et catalogués au BCR.

DÉFI

La tumorothèque est une structure récente en constante évolution. Une amélioration continue fait partie de la démarche qualité en cours.

Augmenter le nombre et la qualité des ressources vacantes est un challenge de tous les jours auquel vous pouvez contribuez en tant que patient, en tant que personnel soignant.